Faut-il encore chercher à réduire son impôt quand on gagne bien sa vie ?
Par Jean-Sébastien Collet — Membre associé du Cercle Hubsys
Jean-Sébastien Collet est co-dirigeant de Nexus Gestion Privée, implanté en Bretagne (Lannion) et à Paris. Il est spécialisé dans l’accompagnement de clients fortement imposés et dans les problématiques liées à la fiscalité.
Faut-il encore chercher à réduire son impôt quand on gagne bien sa vie ?
Derrière cette question, il y en a une autre, plus inconfortable : est-il normal d’avoir le sentiment de voir une part importante de ses revenus partir en impôt, même lorsque l’on vit confortablement ?
« Bien gagner sa vie » : une notion relative, mais à la rencontre d’une fiscalité bien réelle
Dans les faits, beaucoup de contribuables commencent à se sentir à l’aise autour de 3 000 à 4 000 € nets par mois, alors même que le revenu médian se situe autour de 2 100 €. Mais c’est aussi à ce moment-là que la fiscalité devient concrète.
Tant que l’on reste dans des tranches modérées, elle est peu perceptible. À 30 %, elle commence à être intégrée. Et à partir de 41 %, elle devient un sujet à part entière. Non pas parce que le niveau de vie est insuffisant, mais parce que la part réellement conservée après impôt devient significativement réduite. Et c’est souvent là que naît la réflexion, ou du moins, qu’elle devrait naître…
Quand l’impôt dépasse la moitié des revenus imposables : le cas des revenus fonciers
L’exemple le plus frappant pour moi en tant que Conseiller en Gestion de Patrimoine reste celui des revenus fonciers. Effectivement, ces revenus sont soumis à la Tranche Marginale d’Imposition (TMI) ET aux prélèvements sociaux, ce qui créé une imposition combinée particulièrement élevée.
Sur ce point, la loi de finances 2026 n’a pas modifié la fiscalité des revenus fonciers en location nue : les prélèvements sociaux restent fixés à 17,2 %.
Cela donne donc des chiffres qu’il est important de garder en tête :
| TMI | Taux global d’imposition |
| TMI 30 % | 47,2 % |
| TMI 41 % | 58,2 % |
| TMI 45 % | 62,2 % |
Pour prolonger cette réflexion, nous avons conçu un diagnostic simple pour vous aider à faire le point sur votre situation fiscale et mieux comprendre ce qui peut être amélioré. Consultez le diagnostic « Déclaration 2025 : ce que vous ne voyez pas peut déjà peser lourd sur votre fiscalité ».
Comme vous pouvez le constater, à partir d’une TMI à 41 %, plus de la moitié des loyers imposables part en fiscalité. Ce constat, à lui seul, justifie de ne plus ignorer la question.
💡 Aparté 2026 : La loi de finances n’a pas modifié la fiscalité des revenus issus de la location nue. En revanche, des évolutions ont eu lieu en location meublée, ce qui peut rendre ce type d’investissement plus ou moins pertinent selon les situations.
A ce stade, que faut-il faire ?
À ce stade, la question n’est plus vraiment de savoir s’il faut réduire son impôt, mais plutôt comment organiser ses revenus et son patrimoine de manière cohérente. Car à partir d’un certain niveau de fiscalité, ne rien faire devient en soi une décision, avec ses conséquences.
En tant que Conseiller en Gestion de Patrimoine (CGP), je constate que le sujet n’est pas tant de trouver “le bon dispositif”, mais de comprendre d’où viennent les revenus, comment ils sont fiscalisés, et ce qu’ils deviennent réellement une fois l’impôt payé.
C’est souvent ce changement de lecture qui permet ensuite de faire les bons choix, non pas pour réduire l’impôt à tout prix, mais pour redonner de la cohérence à l’ensemble.
📌A lire aussi : « Statut LMNP, un tremplin pour optimiser votre fiscalité ! »
La philanthropie : donner du sens à son impôt
La philanthropie est un sujet que l’on aborde encore trop peu. Pourtant, dans certains cas, elle permet de changer complètement la perception de l’impôt.
Il ne s’agit plus seulement de subir une charge fiscale, mais de décider qu’une partie de ses revenus contribuera à des causes choisies, qu’elles soient sociales, environnementales ou humanitaires.
Les dispositifs fiscaux existent, bien sûr. Mais ils ne sont qu’un levier. Le véritable intérêt réside souvent ailleurs : dans la capacité à donner du sens à une partie de son patrimoine.
Maîtriser ses revenus, une réflexion essentielle
Vous l’aurez compris, vivre confortablement ne signifie pas pour autant renoncer à comprendre et maîtriser ce que l’on gagne. Car derrière la fiscalité, il y a une réalité simple : ce que l’on conserve, ce que l’on construit, et ce que l’on choisit de faire de son argent. Dans un pays où la pression fiscale est particulièrement élevée, cette réflexion n’est pas accessoire, elle est essentielle.







