Lien Facebook Lien Twitter Lien LinkedIn Lien Instragram

FIP, FCPI, Girardin, PER : des solutions pour hauts revenus… mais à quelles conditions ?

FIP, FCPI, Girardin, PER : des solutions pour hauts revenus… mais à quelles conditions ?

Par Michael Lamiable, membre associé du Cercle Hubsys

Michael Lamiable dirige ATELIA Finances et Patrimoine et accompagne au quotidien des dirigeants, professions libérales et cadres supérieurs fortement fiscalisés. Il partage ici son regard de terrain sur les dispositifs de défiscalisation les plus courants et sur ce qu’il dit vraiment à ses clients.

 

Chaque année, les mêmes clients arrivent avec la même phrase : « Je veux payer moins d’impôts cette année. » C’est une demande légitime. Mais c’est rarement par là qu’il faut commencer. Derrière la question fiscale, il y a presque toujours un sujet patrimonial plus profond. 

FCPI, FIP, Girardin, PER sont des outils que j’utilise, mais jamais comme point de départ.

Le PER : un outil de stratégie fiscale dans le temps

Le Plan d’Épargne Retraite occupe une place à part dans ma pratique, surtout pour les contribuables fortement fiscalisés. Ce n’est pas simplement un produit d’épargne, mais un véritable levier pour organiser la fiscalité dans le temps.

Le principe est assez simple. Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans certaines limites(1), généralement autour de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente. Pour les dirigeants et les Travailleurs Non Salariés (TNS), les règles de déduction sont plus favorables, avec des plafonds souvent plus élevés, ce qui renforce encore l’intérêt du dispositif dans ces profils. 

De plus, pour un contribuable situé dans une tranche d’imposition élevée, l’économie peut rapidement devenir significative.

TMI Versement PER Économie d’impôt
30 % 10 000 € 3 000 €
41 % 10 000 € 4 100 €
45 % 10 000 € 4 500 €

 

Ce qui rend le PER intéressant, c’est sa logique dans le temps : on déduit aujourd’hui lorsque la pression fiscale est forte, et l’imposition intervient plus tard, souvent dans un contexte plus favorable, lors de la retraite par exemple. C’est pour cette raison que j’intègre très souvent le PER dans ma réflexion dès qu’un client se situe dans une tranche marginale d’imposition à partir de 30 %. Ce n’est pas une règle absolue, mais c’est souvent l’un des premiers leviers à étudier.

Mais attention à ne pas automatiser la décision. L’objectif ne devrait pas être seulement de réduire l’impôt cette année à tout prix, mais plutôt d’optimiser la fiscalité sur la durée. Et parfois, ne pas déduire aujourd’hui est la meilleure décision pour demain. C’est typiquement le genre de réflexion qui doit être analysée au cas par cas, en fonction de la situation et des objectifs de chacun.

| Changements suite à la loi de finances pour 2026

La loi de finances pour 2026 a apporté quelques ajustements qu’il est important d’intégrer dans la réflexion. Les versements réalisés après 70 ans ne sont désormais plus déductibles du revenu imposable. Cela confirme bien que le PER est avant tout un outil à utiliser pendant la phase active, lorsque les revenus, et donc la pression fiscale, sont les plus élevés. 

Par ailleurs, la loi de finances a acté un allongement du report des plafonds de déduction non utilisés à cinq ans, contre trois ans actuellement. Cette évolution est entrée en vigueur au 1er janvier 2026, mais elle ne s’applique qu’aux revenus de 2026. Elle ne concerne donc pas les revenus de 2025 actuellement en cours de déclaration.

Les FCPI et FIP : du capital-investissement avant tout

Les FCPI et les FIP reposent sur une logique commune : financer des PME non cotées, avec un avantage fiscal en contrepartie. Mais derrière ce cadre similaire, la réalité est souvent mal appréhendée. L’avantage fiscal existe, mais il ne protège pas contre le risque.

L’autre point qui surprend souvent, c’est l’horizon réel de placement. Même si la durée minimale est de cinq ans, il faut en pratique être prêt à immobiliser son capital bien plus longtemps.

| FCPI : une exposition à l’innovation

Les FCPI permettent d’investir dans des entreprises innovantes, notamment dans les secteurs de la technologie, de la santé ou de la transition énergétique.

Ils offrent une réduction d’impôt de 25 % du montant investi, dans la limite de 12 000 € pour une personne seule et 24 000 € pour un couple.

Selon moi, ils peuvent trouver leur place comme une poche complémentaire, pour apporter une dimension plus dynamique à un patrimoine déjà structuré, à condition de rester mesuré dans l’allocation.

| FIP : une logique similaire, avec un ancrage local

Les FIP reposent sur le même principe, avec une spécificité géographique, puisque les entreprises financées sont situées dans des zones définies.

Les dispositifs les plus utilisés aujourd’hui sont les FIP Corse et les FIP Outre-mer, qui peuvent offrir une réduction d’impôt allant jusqu’à 30 %, ce qui est loin d’être négligeable.

Mais tous les FIP ne se valent pas. Derrière un même avantage fiscal, les stratégies et la qualité de sélection peuvent fortement varier. Sans oublier qu’ils entrent dans le plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an, un paramètre à ne pas négliger dans la stratégie globale.

Le Girardin industriel : très efficace, mais plus exigeant

Le Girardin industriel est sans doute l’un des dispositifs de réduction d’impôt les plus puissants aujourd’hui disponibles, mais aussi l’un des plus exigeants.

Il consiste à financer du matériel productif pour des entreprises situées en Outre-mer, via une société de portage. En contrepartie, l’investisseur bénéficie d’une réduction d’impôt supérieure au montant investi, imputable sur l’impôt dû au titre des revenus de l’année de souscription.

Contrairement aux FCPI ou aux FIP, l’objectif n’est pas de générer un rendement. Le capital est définitivement mobilisé et l’intérêt de l’opération repose uniquement sur l’économie d’impôt réalisée.

Ce dispositif s’inscrit d’ailleurs dans un cadre fiscal spécifique, avec un plafond de niches fiscales porté à 18 000 €, distinct du plafond classique de 10 000 €.

Mais cette puissance fiscale a une contrepartie : le Girardin est un dispositif technique, qui repose sur un montage juridique et fiscal rigoureux. Si les conditions d’exploitation du matériel ne sont pas respectées sur la durée requise, l’administration fiscale peut remettre en cause l’avantage obtenu.

Dans ce cadre, la sélection de l’opérateur est déterminante. C’est elle qui conditionne en grande partie la sécurité de l’opération.

Remettre la fiscalité à sa juste place

Ces quatre dispositifs n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est qu’on les retrouve souvent dans la même conversation sur la fiscalité.

Ce que je retiens après des années à accompagner des clients fortement fiscalisés : ceux qui s’en sortent le mieux ne sont pas ceux qui ont le plus défiscalisé. Ce sont ceux qui ont construit une stratégie cohérente, dans laquelle la fiscalité avait sa place, mais pas la première.

 

Chaque situation est différente. Si vous souhaitez échanger sur ces dispositifs dans votre contexte personnel, mes associés et moi-même sommes disponibles.

Prendre contact avec nous


(1) Le plafond de déduction est encadré par le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), fixé à 47 100 € en 2025 et 48 060 € en 2026. Les Travailleurs Non Salariés (TNS) bénéficient de règles de calcul plus favorables, permettant des plafonds de déduction plus élevés.

Investir dans des actifs financiers comporte des risques, y compris de perte partielle ou totale du capital investi. Les performances passées ne préjugent en rien les évolutions futures et ne constituent aucune garantie de rendement futur.

Nous contacter

    Besoin d'un conseil avisé ?


    Vos coordonnés sont uniquement utilisés pour répondre à votre demande. Si toutefois vous souhaitez recevoir la newsletter, n'hésitez pas à cocher la case ci-dessus.
    Vous pourrez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans notre newsletter.
    En savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.

    Attention ! Il est possible que nos mails de retour arrivent dans vos spams. Pensez donc bien à vérifier ce dossier.

    Votre demande a bien été prise en compte. (contact)

    Nous avons bien reçu votre demande de conseil.
    Nous vous recontacterons sous 2 jours pour échanger avec vous sur vos besoins.

    CONTINUER SUR LE SITE

    Abonnez-vous à notre newsletter

      Déjà abonné ? Cliquez-ici.