Un salarié doit-il placer son argent sur le plan d’épargne de son entreprise ?

Un salarié doit-il placer son argent sur le plan d’épargne de son entreprise ?

Chaque année, lorsqu’un salarié reçoit ses primes d’intéressement et de participation, il a le choix entre 2 solutions : les percevoir directement ou les placer sur un plan d’épargne salariale. Mais quelle est la meilleure solution ? Parmi l’épargne salariale, le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) permet de se projeter sur un horizon de 5 ans, alors que le Plan d’Épargne Retraite Collectif (PERCO) est préconisé pour préparer la retraite. Aujourd’hui, nous allons plutôt nous attarder sur le PEE.

Pour commencer, qu’est-ce que le PEE ?

Le Plan Épargne Entreprise (PEE) est un compte ouvert par votre entreprise. C’est un dispositif d’épargne collective qui permet aux salariés et aux dirigeants de PME de se constituer un portefeuille d’actifs financiers avec l’aide de l’entreprise. En principe, les sommes versées sur le PEE sont bloquées pendant 5 ans. Cependant, certains cas de figure peuvent autoriser le déblocage de cette somme avant le terme.

Qui peut en bénéficier ?

Le PEE concerne tous les salariés (en CDI, en CDD ou en apprentissage) qui évoluent dans une entreprise qui propose ce dispositif. Néanmoins, ces derniers doivent avoir au moins 3 mois d’ancienneté. Si le contrat de travail est rompu, le salarié pourra librement décider de retirer ou de continuer son PEE.

 

À savoir : 

Les dirigeants d’entreprise de moins de 250 salariés peuvent également prétendre à en bénéficier.

 

→ Épargne salariale, comment ça fonctionne ?

Comment mettre en place un PEE ?

Tout d’abord, sachez que la mise en place du dispositif par l’entreprise est facultative. C’est donc à l’entreprise de décider si elle souhaite en faire profiter à ses salariés ou non. 

Le PEE est mis en place au sein de l’entreprise soit par décision unilatérale de l’employeur, soit avec un accord de participation entre les représentants des salariés. Cet accord prévoit les conditions de la mise en place du PEE qui sera applicable à tous les salariés. 

Dès votre arrivée au sein de l’entreprise, votre employeur se doit de vous informer de l’existence du PEE, si celui-ci existe. Quant au suivi, l’entreprise est tenue de vous communiquer un relevé annuel détaillé de votre portefeuille. Si celle-ci manque de vous l’envoyer, demandez-le-lui. Vous serez parfaitement dans votre droit. 

| Les modalités de versement

Le salarié peut disposer de plusieurs modalités de versement pour alimenter son PEE :

  • Prime d’intéressement liée à des critères de performance de l’entreprise ;
  • Prime de participation liée aux bénéfices de l’entreprise ;
  • Transfert d’autres plans d’épargne salariale (sauf PERCO) ;
  • Compte épargne-temps (congés payés non pris) ;
  • Versements volontaires ponctuels ou programmés (plafonnés à 25 % du salaire brut annuel).

Parfois, l’entreprise peut elle-même effectuer des versements volontaires sans forcément nécessiter un versement du salarié. Seulement, ces versements se font uniquement pour l’achat d’actions ou certificats d’investissement émis par l’entreprise.

Les sommes investies dans le PEE peuvent être affectées sur différents supports : actions, parts de SICAV, et plus généralement sur des FCPE (Fonds Commun de Placement d’Entreprise). Ces derniers sont des fonds gérés par des organismes de placement collectif dédiés aux salariés. 

Ces organismes sont choisis par les entreprises pour effectuer une gestion active de ces fonds en investissant sur le marché monétaire, obligataire et action. Généralement, 3 types de profil d’investissement sont proposés aux salariés (du moins risqué au plus risqué) : prudent, équilibré et dynamique.

Les principaux aspects du PEE

| L’abondement, pour booster votre épargne

Le salarié peut profiter d’un versement complémentaire avec l’abondement. C’est en quelque sorte un “cadeau de l’entreprise” qui va rajouter un complément basé sur un pourcentage du versement du salarié. Ce taux d’abondement est librement décidé par l’entreprise, et ne peut pas excéder 300 % du versement initial. De manière absolue, l’abondement ne peut pas dépasser 8 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 3 290,88 € (ou 5 923,58 € si l’investissement se fait dans des actions ou certificat d’investissement émis par l’entreprise).

| Une épargne défiscalisée

Le PEE présente un cadre fiscal très avantageux. En effet, les versements issus des primes de participation et d’intéressement, ainsi que l’abondement, sont exonérés d’impôts et de charges sociales salariales (sauf la CSG-CRDS qui représente 9,7 %). 

En revanche, les versements volontaires du salarié ne sont pas déductibles du revenu imposable. Enfin, les plus-values réalisées par le PEE sont uniquement soumises aux prélèvements sociaux, soit au taux de 17,2 %.

 

→ Quelle est la fiscalité de mes placements financiers ?

Points de vigilance du PEE

| Cas de déblocage anticipé

Les sommes placées sur le PEE sont bloquées durant 5 ans. Cependant, certaines conditions peuvent permettre le déblocage anticipé :

  • Fin du contrat de travail ;
  • Création ou reprise d’entreprise ;
  • Naissance ou adoption d’un 3ᵉ enfant ;
  • Mariage ou PACS ;
  • Divorce ou dissolution du PACS avec la garde d’au moins un enfant ;
  • Acquisition ou travaux d’une résidence principale ;
  • Surendettement ;
  • Invalidité ou décès du salarié et de son époux(se) ou partenaire de PACS.

Vous avez jusqu’à 6 mois pour demander le déblocage si vous respectez l’une de ces conditions, sauf pour la fin du contrat de travail, le surendettement, l’invalidité ou le décès.

Exemple d’application

Jules reçoit la somme de 5 000 € de primes d’intéressement et de participation de la part de son entreprise. Il a alors le choix entre percevoir directement cette somme, ou la placer sur le PEE.

Scénario n°1 : Jules reçoit directement ses primes de 5 000 €.  Celles-ci seront considérées comme du revenu exceptionnel et soumises à l’impôt sur le revenu. Si la Tranche Marginale d’Imposition (TMI) de Jules est de 30 %, alors le montant net d’impôt perçu sera de 3 500 €.

Scénario n°2 : Jules décide de placer ses primes de 5 000 € sur son PEE. Sur ces dernières, il faudra simplement extraire la CSG-CRDS au taux 9,7 %. 

Supposons que l’entreprise ait mis en place un abondement de 50 % sur le versement du salarié. L’entreprise ajoutera alors un complément de 2 500 €, soit 2 257,50 € net de CSG-CRDS. Au bout de 5 ans, avec un rendement moyen de 3 %, le capital pourrait atteindre 7 665,15 € net.

Bon à savoir

| Vous pouvez profiter du déblocage anticipé

Les primes d’intéressement et de participation sont généralement versées par l’entreprise le 31 mai de chaque année. Si un événement est programmé (fin de contrat de travail, mariage ou PACS, achat de résidence principale…), vous pouvez utiliser ce moyen de déblocage anticipé pour récupérer les primes défiscalisées. Prenons un exemple : vous allez bientôt quitter l’entreprise. Vous pouvez alors placer vos primes sur le PEE, et les récupérer de manière non-imposable à la fin de votre contrat.

| Restez prudent sur le court terme

Si vous envisagez un placement à court terme, il est préconisé d’adopter un profil prudent pour se protéger d’une chute soudaine des marchés. En revanche, si vous pensez faire un placement sur le long terme, un niveau de risque plus élevé pourra être judicieux, car il sera lissé avec le temps. Sachez toutefois qu’investir son argent comporte des risques de perdre tout ou partie de votre capital. 

 

Vous souhaitez en savoir plus sur le PEE ? N’hésitez pas à nous contacter via le formulaire de contact ci-dessous. Le Conseiller en Gestion de Patrimoine le plus proche vous recontactera dans les plus brefs délais.

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