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Faut-il racheter des trimestres de retraite ?

Faut-il racheter des trimestres de retraite ?

Par Maxime JOSEPH — Membre associé du Cercle Hubsys

Maxime Joseph est associé du cabinet Ethis-Invest basé à Lissieu, près de Lyon.  Il est spécialisé en gestion de patrimoine du particulier et du chef d’entreprise. 

En gestion de patrimoine, on aime les chiffres, les rendements, les projections et les calculs. Mais certaines décisions échappent à la logique, et c’est très bien ainsi. Notre rôle n’est pas de vous imposer la solution la plus rentable. La meilleure décision est celle qui correspond à votre vie. Le rachat de trimestres de retraite illustre bien ce paradoxe.

Le rachat des trimestres, une question d’âge avant tout

Racheter des trimestres, ça se réfléchit bien avant l’âge auquel la plupart des clients viennent nous en parler. Ils arrivent à 60 ans passés, fatigués, avec une envie simple : partir en retraite. Sauf qu’à ce stade, le coût du rachat dépasse presque toujours ce qu’ils en tireront en pension.

En revanche, si vous avez 40 ou 45 ans et que vous lisez cet article, la question mérite d’être posée. Mais avouons-le, rares sont les clients de cet âge qui poussent la porte du cabinet avec cette question.

Quand est-ce que le rachat de trimestres vaut vraiment le coup ?

En toute franchise, si vous n’avez qu’une idée en tête, celle de partir à la retraite, faites-le. Parfois, l’objectif de vie doit passer avant l’objectif financier. Et nous ne discuterons pas là-dessus.

Dans notre cabinet, certains clients ont travaillé toute leur vie, sont las du rythme imposé par le travail, voient la ligne d’arrivée, mais veulent toutefois partir à 63 ans plutôt qu’à 65. Dans ce cas, on rachète des trimestres pour atteindre le taux plein plus vite, et c’est tout à fait légitime. 

Le rachat présente d’ailleurs un avantage fiscal concret : les sommes versées sont déductibles de votre revenu imposable, ce qui peut représenter un gain réel selon votre tranche marginale. Si vous avez les liquidités et que c’est votre objectif, foncez.

En revanche, si vous êtes encore loin de la retraite, la question mérite d’être posée différemment. À 15 ou 20 ans de la retraite, le raisonnement est tout autre. Les règles peuvent changer, la réforme de 2023 l’a d’ailleurs rappelé sans ménagement. Vous pourriez racheter aujourd’hui des trimestres qui ne vous serviront plus à rien demain. 

À long terme, mieux vaut construire des revenus complémentaires sur des supports qui ne dépendent pas des choix futurs du législateur. Et le contexte démographique ne fait que renforcer ce constat.

| Et si la retraite par répartition ne suffisait plus ?

Selon l’Insee, en 2025, 645 000 bébés sont nés en France. C’est 24 % de moins qu’en 2010. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,56 enfant par femme, soit le niveau le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Ces chiffres ne sont pas anodins pour votre retraite.

Notre système repose sur un principe simple : les actifs d’aujourd’hui financent les retraités d’aujourd’hui. Moins il y a de naissances, moins il y aura d’actifs demain. Et moins il y aura d’actifs, plus le système sera sous pression. Le système va donc devoir s’adapter et votre préparation à la retraite également. 

Concrètement, diversifiez vos sources de revenus, et n’attendez pas. Commencez par votre résidence principale, pour ne pas avoir de loyer à payer à la retraite. Constituez ensuite un patrimoine financier et immobilier progressivement. C’est ça, une vraie stratégie retraite. Et pour construire ces revenus complémentaires, voici ce que nous mettons en place avec nos clients.

→ A lire également : « Comment construire votre portefeuille d’investissement selon votre profil de risque ? »

Ce que nous préconisons pour un complément de revenus avec un horizon de long terme 

Nous préconisons quasi systématiquement le PER, surtout pour des clients qui subissent une pression fiscale importante. Le principe est simple : vous déduisez vos versements de votre revenu imposable aujourd’hui, ce qui est particulièrement intéressant si votre tranche marginale d’imposition est à 41 % ou plus. Vous constituez un capital qui sera fiscalisé à la retraite, mais à un taux bien plus faible qu’en période d’activité.

La nue-propriété est une autre piste que nous affectionnons particulièrement, et que je pratique à titre personnel, notamment via des SCPI. Pour être clair : vous achetez aujourd’hui avec une décote de 40 à 50 % par rapport à la valeur en pleine propriété. Vous ne percevez aucun revenu pendant la durée du démembrement, donc aucune fiscalité sur ce placement. Et au terme, en général au bout de 15 à 20 ans, vous récupérez des revenus complémentaires au moment où vous en avez besoin. 

Pour quelqu’un de 45 ans aujourd’hui, le calcul mérite vraiment d’être posé, surtout dans un contexte où les SCPI sont encore à des niveaux intéressants.

L’assurance-vie complète bien ces deux approches. Elle offre une double utilité : elle permet de générer des revenus complémentaires avec un abattement fiscal de 4 600 € par an (9 200 € pour un couple) au-delà de 8 ans de détention, et elle prépare votre transmission avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans (un avantage qui diminue toutefois pour les versements réalisés après cet âge). Elle apporte aussi la liquidité qui fait défaut au PER et au démembrement.

→ A lire également : « Assurance-vie : alliez fonds euros et Unités de Compte pour un meilleur rendement »

Et si vous avez la soixantaine ? 

Il n’est jamais trop tard pour construire un complément de revenus. Mais les solutions ne sont pas tout à fait les mêmes.

La nue-propriété perd de son intérêt à cet âge : l’horizon de 15 à 20 ans est trop long. L’assurance-vie devient alors l’outil le plus adapté, notamment pour sa liquidité et ses avantages successoraux.

Le PER reste pertinent pendant quelques années encore. Tant que vous n’avez pas atteint 70 ans, vous continuez à bénéficier de la déductibilité fiscale de vos versements. Au-delà, ce n’est plus le cas. La loi de finances 2026 a supprimé cet avantage.

L’assurance-vie reste tout à fait pertinente à cet âge. Toutefois, comme indiqué quelques lignes plus haut, si la transmission fait partie de vos objectifs, mieux vaut anticiper vos versements avant vos 70 ans pour ne pas perdre l’avantage successoral.

Dans tous les cas, chaque situation a ses propres contraintes et ses propres opportunités. Un échange avec votre CGP vous permettra d’y voir plus clair et d’agir au bon moment. 

En résumé

Vous voulez partir plus tôt parce que vous en avez assez de travailler ? Rachetez des trimestres, si vous en avez les moyens. Vous souhaitez maintenir votre pouvoir d’achat une fois à la retraite ? La réponse dépend de votre âge, de votre fiscalité, de vos objectifs. PER, nue-propriété, assurance-vie : chaque outil a son moment et sa logique. Plus tôt vous vous poserez la question, mieux vous vous y préparerez.

 

Si vous souhaitez avoir un premier contact avec l’un de nos Conseillers en Gestion de Patrimoine (CGP), n’hésitez pas à nous contacter via le formulaire de contact ci-dessous. 

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